Borges dans le Sahara a pris entre ses mains une poignée de sable qu’il a laissé couler entre ses doigts en pensant que par cette action il était en train de transformer le désert.
Jaune Sahara / Tozeur – Oasis dans le Sahara tunisien
Une peinture nomade. Rien de mieux que d’aller dans le désert pour la réaliser. Le « Sahara » fait rêver et la pratique de la peinture est une invitation au voyage. Ici c’est une « errance contrôlée » comme à la recherche d’un trésor, d’une vérité, d’une réalité, d’une irréalité, d’une certaine poésie… Guidé par un mot d’ordre, porté lui-même par une coïncidence : les noms de certaines couleurs étant les mêmes que ceux d’un lieu géographique, d’une ville, d’une région, d’un pays…
Quand on pense le « Sahara » on ne peut pas s’empêcher de penser à cet énorme labyrinthe dont parlais Borges, ce terrible labyrinthe sans murs, presque sans limites qu’est le désert et de faire intuitivement la relation entre ce désert labyrinthique et le monochrome, la peinture monochrome… peinture labyrinthique aussi, sorte de représentation du labyrinthe.
Ça tombe bien. Pour « couleurscouleurscouleurs » les tableaux seront tous monochromes… une manière de rester fidele à la nomination des lieux et des couleurs, une manière aussi de neutraliser l’image pour mieux saisir les différences de contexte des différents lieux. Ce monochrome labyrinthique ne serait pas là sans nous rappeler le caractère aussi labyrinthique de l’ensemble du projet.
Au milieu du désert, dans un lieu sans repères Fathi notre guide nous disait « tous les chemins conduisent à Rome ». Rome, la vérité, la poésie, « el duende »? Et j’ai pensé au film de Ferreri « contes de la folie ordinaire » où à la fin la jeune fille dit au poète « tu connais peut être la poésie mais tu ne connais pas la route ».
La route administrative vers le désert a été sinueuse. Confronté, à Paris, à un consul prétentieux qui m’a laissé dans un vide complet d’information pendant une semaine pour à la fin se cacher, littéralement, et ne rien donner comme réponse a ma demande de visa… Vide administratif qui annonçait ce vide bien plus attirant qui est le désert. Me voilà en route pour la Tunisie converti en « clandestin ». Et c’est grâce à cette première action que plus tard je commençais à comprendre un trait qui s’est produit à répétition dans ce pays. En effet, il y a beaucoup d’interdits et face à ces interdits une solution pour les transgresser est immédiatement proposée. Tout de suite, de l’interdiction formulée résulte une issue plus ou moins illégale plus ou moins cachée… une autorisation en fait. Que se soit pour les photos, pour le vin ou dans les relations avec les femmes… pour tout.
Un autre monde. Nous sommes partis de Paris en hiver et nous sommes arrivés à Tozeur trois heures après avec une température extérieure de 30 degrés. A Paris un vent froid et fort comme un bon présage nous décoiffait, avec violence même, sur l’escalier de l’avion. L’hôtesse de l’air en voyant le châssis entoilé – que j’emmenais pour faire mon « jaune Sahara » m’a demandé s’il s’agissait d’un plateau, j’ai répondu c’est un gâteau… réponse qui n’a rien enlevé à l’absurde de la situation. En tout cas elle était souriante. Un nouveau présage.
Plus tard dans le petit hublot on pouvait voir le Sahara, énorme, sauvage, intimidant. A l’arrivée en Tunisie il y avait une lumière qui inondait tout, il y avait du soleil et cette présence d’un espace quasi illimité, une vraie possibilité d’espace. L’air était doux et sec, un peu de vent à peine pour rafraîchir la température. J’ai voulu faire une photo du bâtiment de l’aéroport quand un agent de police s’est approché en me disant « c’est interdit les photos » mais juste avant que je ne range mon appareil photo il a rajouté « faites vite » me donnant ainsi la possibilité de désobéir à la loi.
Cinq minutes plus tard on se retrouvait Florence et moi devant le comptoir de la police de frontières. Florence est française et n’a besoin que de son passeport pour séjourner en Tunisie. L’agent a regardé mon passeport colombien et d’un air sérieux a dit « !vous avez besoin d’un visa! ». Avant de ne me laisser même pas le temps d’une réaction, avant même d’avoir eu le temps de craindre le pire, il a rajouté « on va vous le faire, ça prends quinze minutes ». Ouf
On prend un taxi pour aller à l’hôtel et mauvaise impression… pas une seule femme dans les rues. D’autant plus que c’était un jour de match de football et que les supporters sortaient en masse du stade. Pas une femme. Et le sable commençait à entrer dans mes narines.
Dans le hall de l’hôtel, des hauts parleurs nous laissaient écouter la Marseillaise chantée par Mireille Mathieu. Drôle de truc car j’étais arrivé avec ce que nous avons appelé par la suite « la del Todo team » composée de Florence, Sophie et Géraldine, trois françaises… Encore une coïncidence.
J’ai bien aimé cet hôtel aux airs internationaux avec une architecture nouvelle inspiré de la locale au moins dans la forme. Il y avait de l’espace et une grande piscine. Une vue sur une belle palmeraie, une vue sur un terrain de golf en plein désert et une vue sur un belvédère artificiel orné par quelques sculptures –la tête du poète Abou el Kacem Chebbi et autres- rajoutés en voulant faire croire, sans succès, qu’elles avaient étés taillés sur le rocher, un faux décor. Tout au tour des chameaux, quelques beaux chevaux arabes, des touristes et les tunisiens à l’affut de quelque pièces de monnaie. J’ai pu constater par la suite combien c’est difficile d’échapper aux circuits touristiques et naturellement au clichés.
Je n’avais, jusqu’à présent, pas vu la moindre femme Tunisienne. Dans un pays où la femme est cachée, quelle chance pour moi, que d’être accompagné et de m’afficher avec trois femmes françaises de peau très blanche et aux yeux clairs. De quoi faire devenir fous tous les hommes de Tozeur, tous les hommes du désert.
Vite, aller voir une artiste locale. Je voulais avoir un contact sur place. Raouda (« rápida » en espagnol), fait des aquarelles et de la peinture à l’huile qu’elle vend aux touristes, elle a une maison galerie dans la Medina, elle nous a accueillis avec des gâteaux et du thé à la menthe. Superbe. Raouda est une femme qui se bat pour son indépendance et pour qu’on respecte son choix de vie, en même temps elle est très liée et respectueuse de sa culture. Le musée à coté est tenu par une femme aussi : Saouda, elle fait de la poésie et chante. Encore une femme de cœur. Elles résistent. En privé ces femmes se « dévoilent » elles sont cultivées et sensibles. Dans un contexte ou les femmes sont privées de tout contact avec l’extérieur, privées même de la langue française, celle-ci étant réservé globalement aux hommes. Aussi, j’ai pu rencontrer une femme en « privé » qui a littéralement sauté sur l’occasion de voir un étranger. Même sans parler français, avec une traduction, elle m’a montré son désir de liberté. Elle n’avait qu’une seule envie, se « casser » de là, même par voie d’un mariage. Les femmes de Tozeur résistent, ce qui est très éprouvant, elles rêvent un peu naïvement ou alors elles restent soumises.
Tozeur serait une femme forte, une femme du soleil, une ville du soleil, la puissante… grecque, égyptienne, perse… même le fils de Noé serait passé par là pour la nommer.
Dans la même ruelle, celle de Rauda et Sauda, j’ai trouvé un vrai tube de musique orientale mixée: « aman ». Je l’ai trouvé chez un homme qui fait et qui vends de la musique, il est drôle, un artiste. « Aman » a été la « bande original » de notre voyage au Sahara et sera, sans doute, la musique de la vidéo « jaune Sahara »

Le soir je saignai à notre arrivée à l’hôtel. Le sable qui est partout avait eu raison de mon nez. Sérum physiologique et puis diner le presque unique plat du pays : couscous, souvent à la viande de dromadaire et presque toujours assaisonné à la graisse de dromadaire. Le vin est interdit, naturellement nous avons eu une bouteille –légèrement cachée- lors de chaque repas.
Le lendemain on se fait « accompagner » presque obligés d’une manière très subtile, par un monsieur qui n’arrêtait pas de regarder les seins de mes amies. Du tourisme encore… les ruelles, les portes, les couleurs de l’islam, les décors du « patient anglais » et moi j’étais impatient de voir « autre chose » à travers mon « jaune Sahara ».
L’après midi nous sommes partis en voiture vers la palmeraie de Nefta. A notre arrivée le soir, elle était complètement inhabitée. On a pris une petite route et voila, nous avons trouvé un espace couvert, protégé, dans une parcelle de dattes. Il est devenu immédiatement mon « atelier au Sahara » pour y peindre le tableau. A l’entrée sur une enseigne en forme de flèche qui indiquait une direction était marqué « Paradie de l’oisie ». En face, de l’autre côté de la voie il y avait le crâne d’un animal, un fennec ?
Nous retournâmes à l’hôtel avec l’intention de revenir tôt le matin pour attaquer ce « jaune Sahara ». Le lendemain, à notre retour, notre « paradis de l’oasis » était inondé de calèches et de gens. En fait, c’était un lieu de repos pour les groupes de touristes qui parcourent la région en calèche. Une parcelle très bien rangée avec deux espaces bricolés naturellement pour se protéger du soleil. Il y a aussi des toilettes. Nous avons attendu un peu qu’ils poursuivent leur route et nous sommes mit au travail. Fathi un des guides a bien voulu nous accompagner, nous avons accepté. La Tunisie, il parait, veux dire « compagnie » et les tunisiens paraissent tenir beaucoup, même inconsciemment, a cette nomination. Ils ne te lâchent pas une fois qu’on a accepté de se laisser accompagner.
C’était bien de faire la peinture dans une oasis, se faire une parcelle de couleur au paradis en quelque sorte. Le matin je peignis assez vite une huile sur toile 60 cm X 60 cm montée sur châssis, le châssis était pourvu de deux poignées prévues pour le porter. Le tableau devait être porté et par extension le projet devrait également être porté par les autres autant que par moi même. La couleur du tableau, une fois finie, ressemblait à celle des dattes sur les palmiers qui nous entouraient. elle s’est tout de suite « intégré » à son environnement.
La peinture est portée et emportée… Il s’agit ici d’une peinture nomade tel que peuvent être nomades les habitants du désert, leurs tentes et les tapis qui s’y trouvent à l’intérieur. A la renaissance on a inventé le tableau et la peinture a quitté les murs, elle est devenue mobile, ainsi elle pouvait aller d’un mur a un autre. Cette mobilité a été empruntée pour ce projet et la peinture ici se déplace partout, elle s’insert dans le réel, dans l’environnement… elle est portée et emportée, elle se tient dans les mains de tous.
Fathi regardait en silence, les filles étaient couchées au soleil, Florence faisait quelques photos. Nous étions prés pour démarrer notre parcours avec ce « jaune Sahara ». Notre guide nous a proposé pour commencer d’aller voir un marabout et une mosquée, j’ai trouvé ça très bien. En arrivant l’endroit était composé d’un patio, un couloir avec des colonnes et arcs, et deux petites pièces. Dans une de ces pièces on trouve le Mausolée Sidi Bou Ali et dans l’autre un lieu réservé à la prière. Evidement les femmes ne peuvent pas y accéder. Géraldine qui voulait visiter les lieux a pu le faire, évidement aussi.
« Turquoise et Sable du désert » réalisé, auparavant, au désert de la Candelaria en Colombie a été peint dans un couvent en présence d’un moine brésilien… « jaune Sahara » a été aussi peint à proximité du mausolée de ce marabout, à proximité de mosquées et particulièrement à Nefta, la ville aux cents marabouts.
On avait commencé ce « voyage » avec cette couleur qui devait passer de main en main avec les gens qu’on allait croiser. Voyage qui devait aussi nous emmener surtout dans le désert pour y réaliser un petit film. Une photo était prise quand quelqu’un tenait le tableau « jaune Sahara » dans ses mains.
Nous avons vu la Corbeil de Nefta, le labyrinthe de ruelles en brique de la Medina de Nefta et croisé quelques personnes, avant de voir le désert.
Le désert c’est comme les carrières de sable que possédait mon père mais en plus grand. Mon père était, aussi, un vrai marchand de sable. Il exploitait une mine de sable. Mais avec son sens de l’ironie il éveillait plutôt les gens. Un marchand de sable bienveillant, éveillant.
Je découvre la couleur du sable du désert et avec je découvre le désert, l’immensité, le luxe, le calme, le silence et puis cette lumière aveuglante qui me fait penser à l’étranger de Camus, lumière qui aveugle le protagoniste et le « pousse » à commettre un crime.
L’espace, la couleur, l’air, la lumière… tout est immense dans le désert. Et il est là, serein et farouche, changeant. Le sable se déplace, très mobile le transformant en permanence. Lentement, presque imperceptiblement, ou avec une force indomptée lors des tempêtes. La lumière aussi change à longueur de la journée, à longueur des journées, par conséquent les couleurs changent… la couleur du sable et du ciel n’est jamais la même et on peut avoir cette drôle d’impression de voir de l’eau à l’horizon a certaines heures.
Le désert est granuleux. Tout y est granuleux dans cet immense labyrinthe vidé… dépouillé comme est vidée et dépouillé la peinture monochrome. Granuleux le sable fin qui provoque une incroyable sensation au toucher, qui bouge sans cesse, qui se met partout, qui est partout emporté par le vent. Mais granuleux surtout l’air… en le regardant de loin vers l’infini du paysage on a cette impression d’air granuleux, aussi bien quand on regarde a contre jour la lumière à travers ces espèces de tunnels que se trouvent dans les ruelles de la Medina. Granuleux comme le couscous, comme les dates. Granuleux comme les pigments nécessaires à fabriquer la couleur. Un tableau de format carré me semble bien adéquat pour « flotter » dedans.
Cette lumière granuleuse, plus le sable, plus le vent, finissent par aveugler les nomades du désert.
Aussi dans le désert on est confronté à des apparitions soudaines, comme par le moyen d’une télé-transportation les nomades émergent de nulle part. Dans de longues étendues dépeuplés soudain peut apparaître quelqu’un, en général il s’agit de personnes de petite taille, en groupe ou seules, en mobylette par exemple ou bien a pied, couverts de la tête aux pieds avec des habits usés et d’une couleur incertaine. Espèces de personnages de Mad Max. Sans compter les apparitions des chevaliers du désert, sortes de Touaregs pour touristes.

La mort y est latente partout, à travers les cranes, à travers les restes d’animaux. Sur la route on a croisé aussi deux sangliers morts. Apparitions et disparitions, comme dans les mirages.
Il fallait trouver une camera pour le film. Dans ce projet il est question de faire avec les moyens du bord, avec la matière qu’on a sur place. Il n’était pas question de faire un film « haute technologie » mais quelque chose qui serait en adéquation avec le contexte. Pas facile à trouver donc, d’autant plus que quand on évoquait le mot film les tunisiens pensaient immédiatement aux grandes productions de cinéma filmés à Tozeur et dans le désert. Ils imaginaient, à tort, un budget en conséquence. Tout se négocie ici, et la même personne qui nous a loué une petite voiture (avec laquelle on a fait du « 4X4 » dans le désert) nous a amené chez un photographe. Il avait une camera vidéo à louer, il a essayé même de me la vendre. Une petite handy camera familiale très usée, avec une batterie abimée ayant une autonomie de quelques 15 minutes. J’ai réussi à filmer moins d’une minute de Raouda et une de ses amies en train de se promener portant le tableau dans une ruelle de la Medina de Tozeur.
C’est avec cette même camera qu’on est parti dans un premier temps dans le Chott el-Jérid une journée avec le ciel voilé, comme si la coupole céleste était entièrement recouverte par un papyrus qui laissait entrevoir un faible soleil. Etonnant, une lumière de la sorte, en tout cas d’après l’idée qu’on se fait du « Sahara ». Quinze minutes d’autonomie pour un petit film avec « jaune Sahara » tenu par Florence et Géraldine, deux bras à la peau blanche tenant le tableau sous une lumière tamisée.
Au long de la route de temps en temps, quelques rencontres, quelques photos, un échange gentil et éphémère. Les habitants acceptaient de porter le tableau sans poser trop de questions, comme si les questions n’étaient pas d’usage dans ce pays. Seuls les touristes, français en général, voulaient savoir de quoi il s’agissait. Seules les femmes tunisiennes, se trouvant dans un lieu public, refusaient la photo. Et à chaque fois ce tableau s’insérait naturellement dans l’environnement. Cette couleur, cette luminosité trouvait naturellement sa place. Comme si elle avait était toujours là, englobée de la lumière changeante du désert. Elle correspondait naturellement avec la peau des gens, avec les maisons, les décors, le ciel, le sable. La luminosité du tableau trouvait un endroit flottant dans la lumière globale.
Fatigué de conduire j’ai laissé la place à Sophie et me mit a l’arrière en position allongée aux côtés de Florence. Comme je portais un chèche sur ma tête, je devais faire un peu arabe, un flic nous a arrêtés pendant que nous traversions la ville de Kebili. Il s’est adressé a moi en arabe, j’ai répondu en français en lui disant ne rien comprendre alors il m’a demandé de bien m’asseoir, de bien me tenir. Devant ma surprise il a ajouté « pays islamique, il faut respecter ». Ils interviennent aussi sur ce qui est du domaine privé, de l’intime.
Le président est également le chef suprême des forces armées, sa photo, et la présence de son pouvoir sont partout, la police est partout. Partout, un calme inquiétant. Un calme soumis. Aucune opinion au sujet n’a pu être tirée. « C’est notre président », « il est bon »… est le maximum dit d’une manière pas très convaincue sur un président arrivé au pouvoir par un coup d’état le 7 novembre 1987. Le chiffre 7, du 7 novembre, que j’ai remarqué pour la première fois à la ville de Douze est partout. Tout semble sous control, un calme suspect règne. L’opposition effacée, inexistante, on peut se demander à quel prix. Le pragmatisme politique lié à la religion maintient ce pays comme anesthésié. Transgresser les interdits en douce pourrait être une façon de « s’adapter », en douce aussi, à l’énorme pression d’un état totalitaire.
Le lendemain retour au désert pour filmer cette fois-ci dans les dunes avec deux « assistants » trouvés et payés à la sauvette à un intermédiaire bien entendu. Ser et Saber ont prêté leur bras cuivrés par le soleil pour porter la couleur. Marcher dans les dunes sous le soleil et avec le vent n’est pas facile mais une expérience excitante. 15 minutes d’autonomie de la camera vidéo qu’il ne fallait pas manquer, pendant que le soleil et le sable m’aveuglaient.
Une couleur, le jaune Sahara nous a fait visiter le Sahara, nous a fait marcher dans le Sahara et manger du sable du Sahara. Baignés par le soleil du Sahara nous avons rencontré des gens du Sahara et des touristes du Sahara. Dans des flacons à parfum, d’origine indienne, j’ai ramené du sable et de l’air granuleux du Sahara et une photo de l’enseigne d’un commerce : « alef » qui m’a fait rêver à cette autre sorte de voyage immobile le « aleph », cher à Borges.
Jaime del Todo
Paris, avril 2010

Dans la Médina j’ai croisé une fille, elle avait la beauté du désert. Elle, comme les autres, a porté cette couleur et participé à mon processus. Elle avait plein de rêves de liberté et d’amour, dans un endroit où tout était interdit. Jaune Sahara et moi, avons été, sans doute, comme une espèce de mirage pour elle.
En la Medina conocí a una chica, tenía la belleza del desierto. Ella, como todos los demás, portó este color amarillo del Sahara y participó en mi proceso. Ella estaba plena de sueños de libertad y de amor, en un lugar donde todo estaba prohibido. Para ella, Amarillo Sahara y yo, fuimos tal vez como un espejismo.

